Histoire de la démocratie

Histoire de la démocratie

mai 16, 2021 0 Par admin

Les caractéristiques de cette organisation politique nous sont racontées par deux contemporains, tous deux citoyens athéniens : Périclès, dans un discours rapporté par l’historien Thucydide, et un aristocrate inconnu dans un passage tiré de la Constitution des Athéniens.
Bien que venant de côtés opposés, les deux auteurs s’accordent sur les caractéristiques du système athénien.

Histoire de la démocratie à Athènes : résumé

Selon Périclès, le système politique athénien se caractérise par une méthode politique originale fondée sur la démocratie et repose sur les valeurs suivantes : l’égalité devant la justice, la liberté et la reconnaissance du mérite. De plus, chaque citoyen ne s’occupe pas seulement de ses affaires privées mais assure le pouvoir à la ville.
Même l’aristocrate, tout en qualifiant les pauvres de mauvais et les riches de bons, soutient que les Athéniens préservent bien leur démocratie parce qu’ils en sont les gardiens.

Le système démocratique inauguré par les Athéniens est destiné à une longue vie. Il suffit de penser à nos modèles actuels de démocratie. Pour effectuer des comparaisons et des juxtapositions, il faut toutefois garder à l’esprit les profonds changements de contextes historiques et culturels.
Selon l’historien B. Virgile, en effet, la démocratie des anciens ne peut être comparée à celle des modernes, car : la démocratie athénienne agissait dans le contexte d’une cité ethniquement homogène et de taille limitée. Les démocraties modernes, en revanche, agissent dans le cadre d’États très étendus territorialement et souvent aussi très composés ethniquement, avec des médias de masse.
Outre les caractéristiques propres à la démocratie athénienne, mises en évidence tant par les sources antiques que par l’historien Virgile, il existe des caractéristiques propres à la démocratie antique en général. Tout d’abord, selon l’historien Hasebroek, la démocratie antique est une oligarchie très marquée, car la démocratie antique est une démocratie exclusivement dans les limites d’une citoyenneté de droit exclusif.

ÉVOLUTION DE LA DÉMOCRATIE

Dans cette optique, c’est Sparte et non Athènes qui offre l’exemple parfait de la démocratie dans le monde antique, car l’égalité complète entre les citoyens n’a été atteinte qu’à Sparte et en Crète. On est pas arrivé à Genève de suite !
Il est certain que l’origine de la démocratie antique, à cet égard très éloignée des modèles actuels, repose sur la manière particulière d’être homme et citoyen, développée par les Grecs, qui consistait en une égalité totale entre les citoyens, alors qu’ailleurs cette égalité était toujours rompue. Cela signifiait en même temps que ceux qui en étaient exclus, même s’ils étaient nés libres, restaient dégradés et ne participaient pas à la vie de l’État.

Le mot démocratie est né dans le passé, mais n’a été compris et surtout mis en œuvre qu’à une époque récente.
Il s’agit en fait d’un mot d’origine grecque composé de DEMOS peuple et KRATIA pouvoir, donc “pouvoir au peuple”.
Cela signifie qu’il n’y a plus de sujets, mais des citoyens auxquels rien n’est imposé, mais dont chaque décision est prise d’un commun accord. Un concept juste et parfait, mais dans la Grèce antique, il était interprété selon la mentalité de l’époque, où le “peuple” était composé uniquement d’adultes, exclusivement de sexe masculin, libres, c’est-à-dire non esclaves.

L’histoire est pleine de luttes et de rébellions visant à obtenir la souveraineté populaire, mais il faut remonter au XIXe et surtout au XXe siècle pour voir la “démocratie” interprétée au sens propre du terme.

Comme l’affirme Norberto Bobbio, “la démocratie aujourd’hui signifie, avant tout, donner l’État aux citoyens, combler autant que possible le fossé entre l’individu et l’État, ramener l’État au niveau des hommes…, donner aux individus les obligations et les responsabilités des citoyens”.
C’est en effet à cette époque que sont nées les premières Républiques, comme celle de la France, qui y est parvenue après la sanglante Révolution française (1789) en 1792 et qui s’est fondée sur des concepts devenus fondamentaux : Liberté, Egalitè, Fraternitè ; des concepts qui sont valables et que les Républiques successives ont fait leurs, en adoptant les théories démocratiques qui, comme l’affirme encore Bobbio, “voient dans l’État une volonté dominante à rendre moins oppressive, en élargissant sa base jusqu’à ce qu’elle coïncide avec la volonté de tous. Le postulat fondamental dont ils partent est l’égalité naturelle de tous les hommes”.
Mais au vingtième siècle, le concept de démocratie a encore besoin d’années, de guerres et de sang pour passer de la théorie à la pratique. Je fais référence au totalitarisme : au nazisme, au fascisme et même au communisme, qui ne s’est effondré qu’en 1989 avec la chute du mur de Berlin.

Sous ces régimes, l’homme n’avait plus le droit de parler ou de penser, il n’était même pas appelé à participer activement à la vie politique de l’État dans lequel il vivait, alors que la démocratie signifie aussi participer.
Dans ce cas aussi, ce que Bobbio affirme est très significatif : “La démocratie doit faire sentir à chaque individu conscient les obligations et la responsabilité du citoyen” et encore “seul l’homme libre est responsable”.

L’Italie, libérée du fascisme, a décidé d’instaurer la démocratie avec le référendum de 1946, lorsqu’ont eu lieu les premières véritables élections démocratiques et que les hommes et les femmes appelés à voter ont choisi la République parlementaire, la plus haute représentation de la démocratie.
Tous les électeurs éligibles élisent leurs représentants, qui constituent ensuite le Parlement.
H. Kelsen écrit que “l’essence de la démocratie ne réside pas seulement dans l’omnipotence de la majorité, mais dans le compromis permanent entre les parties que la majorité et la minorité représentent au Parlement”. Mais même aujourd’hui, notre démocratie n’a pas atteint la perfection, mise à l’épreuve surtout par le manque de travail.